1931 Meurtre à Villers les Pots (21)

source: site Gallica.bnf.fr

Paru le 3 avril 1931 dans le journal « le petit parisien »
Un professeur de Lycée tué a coup de revolver pres d’Auxonne par son ex-beau-frère
Le meurtrier, un maître d’hotel parisien, reprochait à la victime d’avoir provoqué son divorce. Il était venu de Paris tout exprès pour assouvir sa vengeance
Dijon, 2 avril (dep. Petit Parisien.)
Un drame s’est déroulé hier soir, vers 21heures, à Villers les Pots, petit village situé près d’Auxonne. Un maître d’hôtel au service du marquis de Riancourt 1bis, Rue Montaigne, à Paris, Léon Thebault, quarante-huit ans, originaire de Biancafort, dans le Cher, a tué sauvagement son beau-frère, M. Eugène Fleuchot, quarante-sept ans, professeur de mathématiques au Lycée Carnot, à Dijon.
Le 1er juillet 1919, Thébault avait épousé Mlle Suzanne Fleuchot, soeur de la victime. De cette union naquirent deux garçons âgés actuellement de huit et treize ans. Mais la discorde s’établit au sein du ménage et le 31 juillet 1930 le divorce était prononcé entre les deux époux. La garde des enfants fut confiée à Mme Thebault qui se retira chez son frère à Villers les Pots.
Thébault rendait le professeur responsable de cette situation et lui en gardait une vive rancune. Mercredi dernier, il quitta Paris pour se rendre à l’occasion des fêtes de Pâques, auprès de ses enfants qu’il était autoriser, selon les clauses du jugement à voir à de certaines dates. Arrivé à Villers les Pots, à 20h30. Il se rendit au domicile de son ex-femme. Il espérait y trouver son beau-frère qu’il avait l’intention de tuer. A cet effet, il s’était armé de deux pistolets automatiques chargés de sept balles chacun.
Le meurtrier parcourut l’étroite ruelle qui s’épare la maison de M. Fleuchot de celle de son ex-femme et vit à travers les volets son beau-frère qui causait avec elle. Ayant escaladé un petit mur, il se blottit dans l’embrasure d’une porte par laquelle M. Fleuchot devait passer pour rentrer chez lui.
Le professeur arriva sans méfiance, vers 21h10. A peine avait-il fait une quinzaine de mètres que le maître d’hôtel surgit et l’abattit de deux coups de revolver. S’approchant alors de sa victime qui était étendue sur le dos, le meurtrier d’échargea à bout portant sur elle les sept balles de l’un de ses pistolets. Puis ayant jeté ses armes, il prit la fuite. M Fleuchot, qui avait été atteint dans la région du coeur, à l’aine gauche et sur différentes autres parties du corps, expira aussitôt.
Mme Thébault, en entendant les coups de feu, eut l’intuition du drame qui venait de se jouer et donna l’alarme. Des voisins avertirent la gendarmerie d’Auxonne dont les recherches allaient bientot aboutrir. En effet, près du passage à niveau de la route nationale de Dijon à Auxonne, un individu porteur d’une valise auquel les gendarmes demandèrent ses papiers d’identité, leur répondit : J’ai commis un crime, arrêtez-moi! C’était le maître d’hôtel meurtrier. Il se laissa emmener sans résistance et fut aussitôt conduit à la prison d’Auxonne.
Ce matin, M. Lefour, capitaine de la compagnie de Dijon, s’est transporté sur les lieux du crime pour diriger l’enquête.
Le meutrier a renouvelé ses aveux. Il n’a pas manifesté de regrets. Il a été transféré dans l’après midi, à la prison de Dijon.
Le passé de la victime :
M. Eugène Fleuchot, né à Dijon le 20 janvier 1884, fut d’abord élève au lycée Carnot. Il entra en 1905 à l’école normale supérieure, où il conquit la licence des sciences en 1907 et l’agrégation en 1909. Le jeune professeur entra au lycée de Bastia et l’année suivante il fut nommé au lycée de Valence. Il fit la guerre qu’il termina avec le grade de lieutenant. Il avait été d’écoré de la croix de guerre le 13 juillet 1916.
A paris, rue Montaigne
Au service, à Paris, 11bis, rue Montaigne, du marquis et de la marquise de Riancourt depuis trois ans, Thébault était parti mercredi après le déjeuner, ayant obtenu un congé de quarante-huit heures pour aller chercher ses enfants. Il devait les ramener avec lui pour passer les fêtes de Pâques. A cette intention, un petit appartement leur avait été préparé
Très strict dans le service, dit la marquise, Léon Thébault était peu communicatif. Nous savions qu’il venait de perdre un procès où ses intérêts étaient en jeu et que son beau-frère, professeur à Dijon, lui avait intenté. Comme il ne disait rien, nous ne pouvions pas supposer qu’il se livrerait à de telles extrémités. Nous ne connaissons pas sa femme, qui n’est jamais venue ici.

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